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U-zine.org : chronique de Abysse - En(d)grave

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Abysse - En(d)grave


  Abysse - En(d)grave

Label : Blue Wave Prod
Style : métal lourd instrumental
Sortie : Avril 2012
[ Voir la tracklist ]

[ Voir la fiche du groupe ]

Jamais facile d'appréhender un disque des Français d'Abysse. Et ceci pour deux raisons : ils donnent dans un métal plutôt progressif et surtout ils n'ont pas de chanteur et donnent exclusivement dans l'instrumental. Pari osé et point de vue très particulier. Néanmoins l'auditeur sait à quoi s'attendre et sait aussi qu'il devra changer ses habitudes pour appréhender totalement En(d)grave, le premier véritable album du groupe. La pochette nous montre une image entre le test de Rorschach et l'image floue d'un aigle qui a aujourd'hui disparu et dont l'image passe tout doucement dans le monde des mythes. Le groupe s'est apparemment intéressé aux légendes du Pacifique puisque deux titres y font ouvertement référence : Eagle of Haast est un aigle de Nouvelle Zélande et Light for Wheke en appelle au calamar géant Wheke qui apparaît dans des légendes maoris et dont une « réplique » existe au Muséum d'Histoire Naturelle de Paris.

Toutes ces considérations montrent bien qu'un album d'Abysse, ça ne se prend pas à la légère, il faut être prêt et concentré pour en tirer la substance mélodique. Surtout que les morceaux ne vous lâche pas la couenne comme ça : souvent au delà des cinq minutes, ils ont pris le temps de manier les tempi et les ambiances comme sur Mastodon où ils s'amusent à accélérer puis ralentir, alléger et alourdir le son, de la gazelle au mammouth, du coup de fleuret au coup de massue. Globalement, vous aurez plutôt dans les oreilles un son lancinent et des rythmiques assez lentes, une de leurs méthodes pour créer une ambiance même si Ten Thousand Changes vous surprendra avec son coup d'accélérateur au départ. En mêlant les parties groovy de batterie, des soli rock et une rythmique pesante, ils donnent naissance à leurs morceaux.

Finalement on ne voit pas vraiment le temps passer, même si, au risque de me répéter, le risque d'un groupe purement instrumental c'est de passer pour le groupe d'ambiance voire le groupe de fond. Ceci dit, en écoutant En(d)grave, on se dit qu'on a à faire avec une sacré bande de compositeurs, bien meilleure que pour du easy listening version metal. Parce que si les sept titres ne débordent pas de structures ultra-chiadées, de plans de la mort-qui-sortent-de-je-sais-pas-où, ils ont un sacré sens de l'arrangement, ce qui rend l'ensemble si homogène par ailleurs. Même les soli, élément ô combien important de la structure puisqu'il est affranchi de ses limites de positionnement (jamais pendant le chant), semble emboiter le pas au reste, en sonnant de manière claire et distincte, jamais trop rapides, ni incompréhensibles mais plutôt sensibles et sensés.

Le son qu'ils ont imaginé pour En(d)grave est assez massif et il leur est propre, chaque guitare, chaque effet a une identité propre et rend de manière différente au sein des morceaux mais de la même façon tout au long de l'album. Ils jouent même avec les sons sur Sharp and Chrome, faisant tourner les guitares autour de l'auditeur qui ne peut s'empêcher des les suivre du regard et des oreilles.

S'ils ont cherché à s'éloigner de la circonvolutions masturbatoires de ce genre de musique, ils auraient eu tort de totalement s'en priver, car lorsque l'on écoute Golden Life, on se dit que la valeur du morceau vient aussi de ces petites parties en syncope, ces moments qui ne se donnent pas au premier abord. Car à privilégier la densité du son, on y perd un peu en intérêt. Nonobstant ce petit bémol, Abysse a su se rapprocher de la martingale du métal en évoluant et en écoutant la frange plus métal de ses fans.

Plus on écoute En(d)grave, plus on voit Abysse sur une scène recouverte par la fumée avec des lumières inquiétantes. Et ils distilleraient leur grand messe faite d'un alliage lourd, le public comprendrait alors quelle sorte de rouleau compresseur est ce groupe qui prend le métal instrumental non comme une manière d'exprimer de la virtuosité mais de redonner un sens au mot « heavy » qui colle souvent à notre style chéri. Vous êtes prévenus.

Note : 8 / 10


Partager sur Facebook : Par : The Undertaker

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Abysse - Le Vide est Forme   Abysse - En(d)grave  

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¤ Abysse, Barback, Arcania au Chabada. @ Angers - 19/02/2010

Lire toutes les interviews de Abysse :
¤ Jérémy - 18 décembre 2012

 
 

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