Ville : Paris et Nantes
Salle : Nouveau Casino (Paris) et le Ferrailleur (Nantes)
Deux dates sold out (Paris et Nantes), deux émissaire envoyés par U-Zine pour cette précieuse venue du groupe Israélien, accompagné de première parties à la qualité inégale, mais qu'importe.
Les portes du Nouveau Casino se sont ouvertes un peu après 18h30 et dès 18h45, Arkan était sur scène pour envoyer la purée, je n'ai donc pas vu le début d'un set dont j'attendais plus. Les régionaux de l'étape sont très bien en place mais je m'attendais à une musique plus Progressive (je ne connaissais le groupe que de réputation), une sorte de pendant français d'Orphaned Land alors qu'en réalité la musique du groupe est plus un Death Thrash avec chant clair masculin et féminin (assuré de fortes belles manières par Sarah de The Outburst) aux influences arabes très prononcées. Le son rempli de basse et de batterie ne m'a sans doute pas aidé à apprécier à sa juste valeur la prestation dépaysante des parisiens dont le point d'orgue sera curieusement la reprise du tube de Khaled, « Didi ». Je ne sais pas si c'est parce que je connaissais la chanson à la base, si le son s'est amélioré sur celle ci ou si elle était foutrement bien réarrangé avec un double solo à tomber, mais j'ai grandement apprécié.
Il ne fallait pas arriver en retard Au Ferrailleur puisque non seulement le groupe a commencé son set de bonne heure (pour un samedi soir), mais encore le public était déjà présent en masse (la réputation du groupe en live n'étant certainement pas étrangère à cet intérêt). Il régnait par conséquent une ambiance chaleureuse, dans tous les sens du terme, en ce début de soirée : audience attentive et supportrice, choc thermique assuré par la foule compacte. Arkan interprète les tubes de son excellent premier album mais de manière plus fluide, plus émotionnelle, plus convaincante somme toute : si la production du Studio Fredman est irréprochable, il est toujours souhaitable de se rendre compte de ce qu'un groupe vaut sur les planches. Si batterie et voix sont moins "grosses" qu'en studio, elles en gagnent en fraicheur. Le travail des guitares est impeccable et les interventions de Sarah sont si envoutantes que l'on se prends à se rêver sultan Shahriar, pour lequel elle narrerait en chant mil et un contes.
Je ne connaissais rien de la musique du groupe et pourtant dès que j'ai vu l'affiche de la tournée, je me suis demandé pourquoi les Allemands ouvraient pour Orphaned Land. Et en fait, ba c'est tout à fait ça car avec son Thrash teinté de Folk influencé par les cultures nordique et celte dégageait un aspect beaucoup moins joyeux et plus s'en va-t-en guerre avec nos amis vikings. Cela n'empêche que le groupe a répondu présent avec quelques riffs qui ont su m'accrocher et entamer des petits pogos. Malheureusement, j'ai eu beau apprécier cette formation méconnue, je sais que je ne retiendrai plus rien de cette prestation d'ici quelques mois car derrière il y avait un très grand groupe qui a fait oublié le reste.
Setlist Paris : Pendragon's Fall
Isle Of Skye
Darkane Times
Dragonbreed
Dead Man's Real
Shattering Swords
Wartunes
The Xith Legion
Resté bloqué en 2003 avec le (bien nommé ?) "Signs for the Fallen", le choc fût un peu rude : qu'elle évolution, pour ne pas dire changement ! Les respectables celtes (pionniers du pagan) semblent désormais donner dans la ritournelle mélodico-imbibée, spécialité d'une certaine scène. Parfois certains titres voient le compteur s’affoler (grâce à un batteur motivé et impeccable) et l'agressivité renaître, pour s'estomper hélas le titre d'après. Si le bassiste est bien dedans, le look très "premier de la classe" de l'immense guitariste casse un peu le trip. Fort heureusement le leader de la formation sauve les meubles par son charisme et ses nombreuses intervention auprès du public, qu'il vient régulièrement haranguer.
Quand on voit le groupe entrer sur scène, on comprend qu'Orphaned Land, c'est avant tout les charismes de Yossi Sassi et de Kobi Farhi habillé pour l'occasion d'une toge blanche. Le son était toujours aussi approximatif à l'entame de « Birth Of The Three » mais s'améliorera par la suite avec « The Kiss Of Babylon ». Très clairement dès les premières, le public savait déjà qu'il en aura pour son argent avec un set d'une heure trente principalement axée autour du petit dernier et déjà grosse bombe de l'année 2010 The Neverending Way Of ORwarriOR avec huit titres joués.
Ce qui est étonnant avec ce genre de formation c'est au delà du talent, c'est le coté fédérateur de la musique du groupe aussi riche sur cd que taillée pour le live. Un titre comme « The Kiss Of Babylon » qui n'était pas mon titre préféré de Mabool jusque là est remonté dans mon estime tant le groupe nous l'a fait chanter au point de devenir l'instant le plus magique du concert. Le groupe est proche de son public, souriant, drôle (« I am not Jesus Christ » dixit Kobi en se présentant) et très communicatif, remerciant S.A.S. de l'Argilière des les avoir fait signer sur Holy Records durant les années Sahara et El Norra Alila.
Le concert n'a jamais eu de temps mort et de ce point de vu, la setlist a été très bien ficelée sans jamais d'accroc Le groupe a eu de riches idées comme placer « M I ? » juste avant « The Warrior » qui ont le même type de solo ou encore d'accoupler « Norra El Norra » avec le final d'« Ornaments Of Gold » pour rendre le final encore plus dantesque et... fédérateur. Il y a eu une ambiance de fête durant tout le set d'Orphaned Land.
Pour ainsi dire, il n'a pas manqué grand chose aux Israéliens pour rendre la copie parfaite : Avoir au moins un claviériste (un orchestre tant qu'à faire) et une chanteuse car c'est avec une grande frustration qu'on entend les samples de toutes ces parties dansantes et encore les entendre est un bien grand mot tant les samples étaient en retrait à coté du reste des instruments. Pourtant, Yossi avait prévu un instrument traditionnel pour jouer « El Meod Na'ala » mais seulement pour jouer ce titre très court à la base.
Setlist Paris : Birth Of The Three
Olat Ha Tamid
Disciples Of The Sacred Oath
Baraka
The Kiss Of Babylon
Sapari
The Path part 1
Ocean Land
M I ?
The Warrior
El Meod Na'ala
Seasons Unite
In Thy Neverending Way
RAPPEL Thee By The Father I Pray
Norra El Norra/Ornaments Of Gold
On pourra dire ce qu'on voudra sur le son, ce n'est pas cela qui est à retenir de la soirée, c'est cette communion, cette ambiance de fête, ces sourires sur les lèvres. Non, j'ai failli pleurer de joies lors de ce concert tellement l'intensité du bonheur partagé par tout le monde était important. Pas étonnant que la salle affichait complet.
Côté nantais, si l'ambiance sentait bon la fin de tournée (Kobi très en verve, malgré quelques vannes que l'on devine répétées à longueur de tournée - "I'm not Jesus, I'm Kobi" ), un souci technique (plantage du PC, et donc des samples trads et voix) aura fait craindre le pire et a failli doucher l'enthousiasme général (compte tenu d'un incident identique sur une date de la tournée), mais cela était sans compter avec le professionnalisme du groupe qui a attaqué un "Sapari" dénué de sample qui n'a rien perdu de sa qualité, démontrant au contraire que le titre en lui même est d'une efficacité redoutable en live. Hélas "Yossi la guigne" (qui a failli trébucher sur un pied de micro en sortant de scène) devra faire face à d'autres soucis techniques durant cette soirée : perte totale de son lors d'un solo au cours duquel le public s'est montré à la hauteur du groupe en reprenant à tue-tête la mélodie de celui-ci. Yossi a été visiblement touché de cette initiative. Le problème ayant émaillé le set de manière récurrente, le public seul ne pouvait palier cette difficulté : Matti -dont l'ampli crachait un son rugueux et suave à la fois, un bonheur- exécutait alors la quasi intégralité des leads et solos (mis à part quelques vaines tentatives de Yossi, qui n'en perdra cependant pas un instant son sourire). La section rythmique est trés en place, et le contraste entre le réservé Uri et le sémillant Matan vaut le détour. Les habits religieux portés par les membres, selon leur confession, font mouche et permettent à Kobi d'insister sur le message véhiculé par Orphaned Land.
Si l'ambiance était au rendez-vous d'autant qu'il s'agissait là de la dernière date de la tournée, ce qui a donné lieu à un bel envahissement de scène par l'ensemble des groupes durant les rappels, ce côté un peu trop happy a gâché mon plaisir. Lors de leur venue au festival Cidre et Dragon, le plaisir de jouer était manifeste mais une certaine intensité se faisait ressentir. La set list y était certainement pour beaucoup, l'album "El Norra Alila" étant certainement le plus dense, le plus pesant et mystique de leur carrière. Or le concert de ce soir était principalement axé sur le petit dernier, et aucun titre de "Sahara" n'a été interprété. Néanmoins le groupe fait preuve d'époustouflantes qualités, tant techniquement qu'en terme de présence scénique, et il y a fort à parier qu'avec ce nouvel album en poche et un tel show les portes du grand public (et les salles qui vont avec) lui soient ouvertes. Orphaned Land demeure un plaisir rare qu'il convient d'apprécier : rendez vous en Belgique pour le Mean Metal Fest !
J'étais au concert de Paris. J'attendais de revoir OL depuis un sacré bout de temps. Je les avais vu à Tel Aviv il y a une dizaine d'années par hasard.
Concert de dingue, j'étais dans la fosse pendant tout le set et j'ai failli perdre un bras et un doigt de pied hahaha ! Et j'étais fière de mes bleus !