Ahhh, les abords du Floride : la zone urbaine dans ce qu’elle a de meilleur avec son entrepôt SNCF désaffecté, son entrepôt à l’abandon taguée et squattée par des manouches, avec une petite fille qui fait de la corde à sauter au milieu des gravats, et des canettes vides après avoir fait les poubelles avec môman … Finalement c’est une bonne chose que la date ait été déplacée dans cette salle qui ressemble, de l’extérieur, à une halte de gare désaffectée reconvertie en bar à putes miteux et qui n’a même pas de volets mais des rideaux métalliques aux fenêtres : AMBIANCE !
L’intervention de la B.A.C sur le parking pousse vite les quelques attardés vers l’entrée de la salle…
Si tout est peint en noir du sol au plafond et que l’éclairage de la scène se résume à un spot, et quelques ampoules faiblardes, il se dégage une impression accueillante typique du café/concert qui se respecte, et les tableaux/dessins accrochés au mur qui fait face au bar donnent une touche presque cosy. La courette intérieure est super bien aménagé, on se croirait presque en terrasse fumeur d’une boîte à la mode.
Après un certain temps, un court métrage en noir et blanc est projeté sur un écran derrière la batterie. Il s’agissait d' "Un chien andalou" : une histoire assez sordide, pas glauque non plus mais suffisamment étrange pour susciter l’intérêt envers cet ovni fantasmagorique dont certaines images, dont la scène de l'œil coupé au rasoir, sont passées à la postérité. Il semblerait qu’un problème technique nous ait privés de la bande sonore qui devait l’accompagner pour l'occasion, tant pis.
VARSOVIE :
Rone :
Pas grand chose à voir avec le groupe suivant mais un agréable moment sautillant nous a été servi par Varsovie. J'avoue ne pas avoir tout suivi de leur prestation, la légèreté de leurs compositions m'a toutefois bien aidé à traîner mes guêtres entre le bar et le coin fumeurs. Première partie très bien choisie puisqu'elle a permis un contraste des plus saisissants sans pour autant dévaloriser tout ou partie de la programmation de la soirée.
Hraesvelg :
Franchement, après avoir écouté à l’arrache une partie de titre sur myspace, je n’étais pas franchement optimiste sur le bien fondé de la présence du groupe ce soir … et j’ai eu bien tort.
On a affaire à de vrais bons musiciens, qui ont en plus une touche terrible : aussi superficielle que puisse paraître cette remarque, le look, ça compte quand même en live et c’est soit un déguisement, et les masques tombent vite, soit se sont des mecs qui ressemblent à ce qu’ils sont !
Avec Varsovie on est dans le dandy : coupe de cheveux arty, maigreur de mecs torturés, petit haut échancrés sur bustes imberbes, jeans slim qu’ils sont rentrés dedans au chausse pied … et putain, ça joue ! Le batteur est énergique, subtil et groovy (et de ce que j’en ai compris du livret, il écrit les paroles). Le bassiste assure, point. Avec une attitude entre la timidité et un petit côté hautain Le son de gratte sent bon le boulot de névrosé. La voix prends aux tripes, dommage que le rendu ne soit pas franchement terrible : pas que le son soit trop fort, mais les micros avaient l’air fatigués.
Il y a une énergie fiévreuse, une urgence désabusée qui se dégage des titres, que je découvre ce soir. « Sois tu prends feu, sois tu prends fin » qu’ils disaient, on ne pourrait pas mieux résumer. Vif succès auprès du public qui a applaudi longuement entre chaque titre.
DIAPSIQUIR :
Hraesvelg :
A cause du problème de micro, j’ai mis quelque temps à rentrer dedans, d’autant que les morceaux sont véritablement interprétés, avec des variations de rythme et d’intonation sur le chant. La boîte à rythme se fait aussi très présente. Mais bon, ce doit être volontaire vu le t-shirt de Mysticum arboré par Toxik. Le son de gratte est bien agressif comme il faut !
A noter la diffusion tout au long du set d’images en lien avec les titres, dont tout plein me disaient vaguement quelque chose : soit qu’elles aient déjà été diffusées par le groupe, soit qu’elles soient issues de reportage/documentaire très « Strip Tease » dans l’approche : images d’enfances tourmentées, performance de graffeur, extrait des paroles projetées, chorégraphie subjuguante d’un proto-punk (un ziquos des White Dolls, me souffle-t-on dans l’oreillette) qui se dénude dans une cage d’escalier, qui mène probablement à une cave, et qu’il exécute en rythme avec le morceau joué sur scène. Des scènes d’enfants nus finissent d’instaurer un certain climat : pas de la provoc pour la provoc, mais la mise en œuvre d'une vraie ambiance.
Je ne savais pas franchement à quoi m’attendre, ni côté groupe, ni côté public. Je ne devais pas être le seul vu que le set a été un brin tendu, il y avait une sorte de tension physiquement palpable, un truc difficilement explicable ou traduisible en mots mais qui a rendu l’expérience éprouvante, mais dans le bon sens. Un concert qui provoque ce genre de réactions est toujours un bon concert, même si on en sort avec une drôle d’impression, celle d’avoir assisté à un truc unique, même si en total décalage avec nos attentes initiales.
Rone :
Vendredi 13 avril 2012. Le Floride, petite salle des quais de Loire attenant à un camp de gitans. Une chose est sûre et l'on ne peut le nier, Diapsiquir en concert, c'est quelque chose! Propret d'un point de vue auditif, mais aussi, et la chose est bien trop rare dans les concerts de ce calibre pour ne pas être soulignée, visuellement embarrassant. En effet, une vidéo aussi travaillée que troublante est projetée en fond de scène amenant pêle-mêle interrogations, dégoût, embarras et également de l'incompréhension pour certains ayant déserté les lieux avant la fin du show... Le poids des mots et des images? Peut-être. Surement même. Les morceaux sont joués dans une ambiance crispée d'où émane des "Nul à chier!" et d'autres railleries de Toxic. De leur pure expérimentation musicale, ressort un ressenti des plus moiteux, mettant le spectateur comme assis le cul entre deux chaises. L'une, de l'excellence. L'autre, de l'immonde. Les compos ahurissantes de A.N.T.I. ont passé l'épreuve du live avec succès puisqu'exécutées très proprement et aidées par un son correct pour une vieille bâtisse comme le Floride. On aura même le droit à quelques pépites comme la troublante "Génération Maudite, Pénétration Interdite" ou encore "LSD". Concert se concluant après 40 petites minutes sur un "fais-le" coupé net par Damien filant sans se poser de questions vers les loges... Nul besoin d'en narrer davantage, ne dit-on pas que les absents ont toujours tort?
Setlist : INTRO
ANTI
ENNUI
DIAPSIQUIR
GENERATION MAUDITE...
LSD
SKIT
FAIS LE
Merci à Dream Factory d'avoir maintenu la date après une première annulation. Merci au Floride également. Merci aux groupes et merci au chic type qui tenait le stand de merch.
ALLEZ. FAIS-LE!
Ca aurait pu être le cas Chocolat, mais la petite pique que j'ai envoyée dans mon précédent commentaire, c'était une vanne aux copains, de l'ironie si tu préfères. Pour info je fais partie de la rédac d'u-zine hein :D
Chocolat
- 06/05/2012 à
16:47
Cette partie commentaires ça sent le bmeux de base ultra arrogant venu pour diapsiquir. alias 87, LudRAGF..
Pour moi "petit jeune pour son premier concert" (je m'en sens visé) j'étais venu pour Varsovie rien d'emmerdant , c'était un concert ultra cool.
87
- 26/04/2012 à
19:50
Excepté le fait qu'il serait grand temps que les rédacteurs d'U-zine s'achètent une culture, j'ai apprécié et les pics, et le debrief de cette soirée que du coup, je regrette d'avoir loupé.
Hraesvelg
- 26/04/2012 à
18:16
Ah oui, tiens, oublié de parler du public : franchement hétéroclite, allant du costaud en bomber vert à la midinette fan du groupe précédent, du petit jeune qui faisait là un de ses premiers concerts à la groupie qui se faisait dédicacer un truc (j'en suis). Donc rien de bien scandaleux niveau trve, si c'était bien là l'objet de ta question, mais des gens forcément curieux, dans tous les sens du terme.
TelAviv
- 26/04/2012 à
16:34
Ha ha ha, l'échec LudRGF.
Sinon, ça puait pas trop le BMeux ?
prout
- 25/04/2012 à
10:01
Surtout que le Chien Andalou est distribué avec une bande son de base quand même, c'est juste qu'on a eu un pb de câble et qu'on a pas pu la sortir... enfin bon
Hraesvelg
- 25/04/2012 à
09:09
Alors juste comme ça, si j'ai écrit "bande sonore qui devait l’accompagner pour l'occasion,", tu crois que c'est pour quelle raison ?!? Et puis c'est connu que les films muets ont toujours été projetés tels quels, hein, sans même un accompagnement au piano ... et après ça vient parler "culture" : achète toi donc une vie, mon petit !
LudRGF
- 25/04/2012 à
01:22
Alors juste comme ca, si il y avait pas de son pendant "Un chien andalou" ça vous est pas venu a l'idée que c'est très certainement parce que c'est un film muet? Achetez vous une culture les enfants...